Fermer l’œil de la nuit, Pauline Klein, Paris : Allia, 2012. 127 p. 6,2 €
Dans ce court roman intimiste et polyphonique, la narratrice, qui souffre d’une incapacité à vivre en société et à côtoyer ses contemporains, se construit un univers virtuel à partir de ce qu’elle imagine. Et son imagination ne manque pas de sources : ses voisins du dessus, d’abord Diane Toth et Claude Tissien — la première est écrivaine tourmentée, le second artiste plasticien spécialiste des provocations et des créations avec des cadavres — puis son propre père, mort quand elle était enfant et dont elle découvre des carnets intimes, au demeurant décevant, enfin un demi-frère dévoilé, qui purge sa peine en prison. Au-delà des mile mensonges qui tissent les liens et créent les vérités parfois douloureuses de nos affections, c’est l’occasion pour mener une réflexion très riche sur les rapports entre art et crime — une réflexion qui rappelle le magnifique roman d’Yves Wellens, “Epreuve d’artiste” (Grand Miroir). Encore un petit bijou des éditions Allia…
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